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(Allo) Greffes des ligaments du genou

En collaboration avec l’Établissement Français du Sang, le Service de Chirurgie orthopédique et traumatologie de l’AP-HM a mis au point des techniques novatrices de greffes ligamentaires.
 

Si la rupture de l’un des ligaments croisés est une blessure fréquente dans un contexte sportif ou lors des accidents de la voie publique, les atteintes des deux ligaments croisés (antérieur et postérieur) associées à des déchirures des ligaments latéraux (médial et/ou latéral) sont plus rares et surtout beaucoup plus graves.
 

Ces atteintes dites multi-ligamentaires peuvent à l’extrême entraîner une luxation du genou, c'est-à-dire une perte complète des contacts entre le fémur et le tibia.

Elles surviennent lors de traumatismes extrêmement violents typiquement lors d’accident de la route en deux roues, ou lors de traumatismes à très grande vitesse/énergie (ski, rugby…).

 

Les patients atteints présentent un risque important de perte de mobilité et de handicaps s’ils ne sont pas opérés. Mais la réparation de ces blessures, nécessaire pour permettre une reprise des activités de la vie quotidienne, professionnelle et sportive, pose un problème majeur. En effet, pour retrouver sa fonction stabilisatrice chaque ligament abimé nécessite une greffe (à partir d’un tendon, d’un muscle le plus souvent).

Réparer trois à cinq ligaments impose donc de récupérer autant de greffons, exposant les patients à des limitations relatives à la perte d’attaches musculaires (tendon patellaire, tendon quadricipital, muscles ischio-jambiers le plus souvent), elles-mêmes importantes.


Depuis maintenant trois ans, un partenariat étroit entre l’Etablissement Français du Sang et le service de Chirurgie orthopédique et traumatologie de l’Hôpital Sainte-Marguerite a permis d’optimiser les techniques de prélèvement, de préparation, de conservation et d’utilisation de greffes ligamentaires, prélevées chez des patients donneurs d’organes (allogreffes).

Dix patients (huit à l’Hôpital Sainte-Marguerite, un à la Timone, un à Nord) souffrant d’entorses extrêmement graves et complexes du genou ont déjà bénéficié de l’utilisation de cette « banque de tissus » contenant des greffes ligamentaires prélevées par les équipes de l’AP-HM.

 

Les greffons sont préparés et conservés à l’Établissement Français du Sang selon une technique  « marseillaise » qui a fait l’objet d’une publication dans le journal anglo-saxon le plus prestigieux dans ce domaine (American Journal of sport Medecine) et a ainsi bénéficié d’une reconnaissance internationale. 
 

Chaque greffon (appareil extenseur complet) permet de préparer tous les ligaments nécessaires à la réparation complète du genou des patients. Du fait de la congélation en vapeur d’azote (-140°/-180°) le risque de rejet de la greffe est très faible. Le froid détruit en effet les cellules, ne laissant que l’architecture (trame de collagène) du tendon intacte, et aucun traitement n’est nécessaire pour supporter la greffe.
 

Ayant obtenu d’excellents résultats pour ces cas très complexes, les équipes proposent désormais ces techniques d’allogreffes évitant des prélèvements trop agressifs aux patients nécessitant une réparation ou une reprise « standard » des ligaments croisés (antérieur et/ou postérieur) du genou.
 

 

Effect of 3 Preservation Methods (Freezing, Cryopreservation, and Freezing + Irradiation) on Human Menisci Ultrastructure: An Ex Vivo Comparative Study With Fresh Tissue as a Gold Standard.
Jacquet C, Erivan R, Argenson JN, Parratte S, Ollivier M. Am J Sports Med. 2018 Aug 24:363546518790504. doi: 10.1177/0363546518790504